Informations supplémentaires :Le thème des enfants jouant avec des animaux est l’un des motifs les plus durables et les plus charmants de l’art chinois. De nombreux animaux, réels ou mythiques, sont en effet considérés comme porteurs de significations auspiciauses ou comme des protecteurs de l’enfant.
En Chine, le buffle d’eau est appelé shui niu : shui signifiant « eau » et niu étant un terme générique désignant le « bœuf », la « vache » ou le « taureau ». Vénéré pour sa force et sa patience, le buffle d’eau est souvent représenté comme la monture de Laozi, fondateur du taoïsme.
Le buffle d’eau (shui niu) est l’un des douze animaux du zodiaque chinois et symbolise la force, la patience, le printemps et l’agriculture. Depuis des millénaires, il est utilisé pour tirer les charrues dans les rizières à travers toute la Chine. Il représente ainsi également la prospérité et le labeur. Le thème du jeune gardien de troupeau chevauchant un buffle fut un sujet très apprécié dans la peinture de la dynastie Song. Il évoque une vie rurale naturelle, bucolique et insouciante, éloignée des contraintes de la cérémonie et des obligations sociales. Dans ce contexte, le buffle symbolise aussi la bienveillance et la docilité, puisqu’il se soumet à un enfant. Après le travail, le garçon baignait le buffle avant de rentrer chez lui sur son dos, détendu et souvent en jouant de la flûte.
La conduite d’un buffle d’eau a également été assimilée à la vie quotidienne d’un moine et constitue pour cette raison un motif récurrent dans les peintures inspirées de la tradition Chan (Zen). Le buffle d’eau est un emblème du printemps et de l’agriculture. Le « Bœuf de printemps », ou Chun Niu, accompagné du jeune gardien Niu Mang ou Mang Shen, est façonné en argile puis frappé à coups de bâton afin de symboliser le renouveau printanier. Cette coutume remonte à une époque où un bœuf était sacrifié au début du printemps.
Le bœuf apparaît dans toutes les formes d’arts décoratifs, tant pour le marché domestique que pour l’exportation. En Occident, ce motif fut particulièrement en vogue au XVIIIᵉ siècle, apparaissant sur la porcelaine, les papiers peints, les paravents en laque et dans la peinture. Le bœuf chinois connut un tel succès en Occident qu’il fut décliné sous forme de chinoiseries sur les tissus et les papiers peints, ainsi que sous forme de sculptures en céramique. Bien qu’il ne soit pas certain quel médium servit de source aux figures céramiques occidentales, de nombreux exemples de poteries vernissées au plomb brun moucheté produites dans le Staffordshire présentent des similitudes avec diverses figures céramiques chinoises.