Ces vases à section carrée sont décorés dans les émaux de la famille rose. Chacune des faces est ornée de scènes inscrites dans des réserves verticales en forme de feuille. Les compositions représentent des figures évoluant dans des décors structurés de pavillons, de ponts et d’arbres, sur fond de paysages plus accidentés ou de formations rocheuses élaborées. Les arêtes de chaque vase sont modelées à l’imitation du bambou.
Les réserves sont décorées de scènes tirées du Roman de la Chambre de l’Ouest. Cette histoire trouve son origine en Chine à la fin du XIIe siècle, lorsqu’un certain Dong Jieyuan compila différentes versions textuelles issues de pièces de théâtre populaires, de romans et de ballades relatant une célèbre intrigue amoureuse. Cet ensemble fut publié sous le titre Xixiang Ji Zhugongdiao (Le Roman de la Chambre de l’Ouest en tous modes et tonalités).
Le récit fut ensuite adapté et développé par le dramaturge Wang Shifu (v. 1250–1300), qui en donna une version dramatique en huit parties, intitulée Xixiang Ji (Le Roman de la Chambre de l’Ouest), centrée sur une romance clandestine défiant les conventions familiales. Si l’œuvre acquit une place durable dans le canon littéraire, l’histoire elle-même demeura extrêmement populaire dans toutes les couches de la société.
Cet engouement se prolongea jusqu’au XXe siècle, le thème étant encore adapté à l’opéra et au cinéma dans le Pékin des années 1980. Le Xixiang Ji constitue ainsi l’un des piliers essentiels de la tradition théâtrale chinoise.