Vase pot-pourri à décor bleu et blanc. Chine, Kangxi / Yongzheng

Le pot-pourri couvert est décoré en bleu sous couverte. Il présente une panse balustre reposant sur un petit pied évasé et est coiffé d’un couvercle bombé surmonté d’une prise en forme de bouton de lotus. Des perforations ovales, ménagées sous l’épaulement et dans le couvercle, permettaient la diffusion des fragrances. Le décor représente des bambous, des pivoines et des chrysanthèmes émergeant de rochers, autour de deux vases archaïsant. Une frise de losanges à croisillons, ponctuée de réserves florales, souligne le col et le bord du couvercle. La prise est entourée de fleurs et de feuillages.

 

PAYS : Chine
ÉPOQUE : Kangxi (1662-1722) / Yongzheng (1723-1735)
MATIÈRE : Porcelaine
TAILLE : 23,8 cm
RÉFÉRENCE : F006
STATUT : disponible
Œuvres en rapport :​

Pour un pot-pourri de même forme, orné d’un décor de la palette Imari, voir The Benjamin F. Edwards III Collection of Chinese Porcelain, 2002, lot 108.

Informations supplémentaires​ :​

Le développement des pots-pourris s’inscrit dans une nouvelle culture de l’intimité et du confort qui caractérise les demeures aristocratiques européennes au début du XVIIIᵉ siècle. Héritiers des brûle-parfums, mais débarrassés de toute fonction liturgique, ils diffusent des fragrances de manière continue sans combustion. Destinés à contenir des fleurs séchées, des pétales de rose, des herbes aromatiques, des épices ou encore des substances parfumées telles que l’ambre gris ou le musc, ils diffusaient leurs fragrances grâce aux perforations ménagées dans le couvercle et sous l’épaulement. Leur présence sur les cheminées, les commodes ou les encoignures répond autant à une recherche olfactive qu’à une volonté d’afficher les porcelaines les plus précieuses venues de Chine. Le développement des pots-pourris s’inscrit dans une nouvelle culture de l’intimité et du confort. En adoptant cette forme spécifiquement occidentale, les ateliers de Jingdezhen illustrent leur remarquable capacité à concevoir des objets répondant à des usages inconnus en Chine, mais destinés à satisfaire le goût et les modes des élites européennes.

Le décor associe trois végétaux porteurs d’une riche symbolique. Le bambou (竹, zhu) est l’emblème de la droiture, de la résilience et de l’intégrité morale ; toujours vert, il symbolise également la constance et les vertus du lettré. La pivoine (牡丹, mudan), surnommée le « roi des fleurs », évoque la richesse, les honneurs, la prospérité et le rang élevé. Le chrysanthème (菊, ju), l’une des « Quatre Plantes Nobles » avec le bambou, l’orchidée et le prunier, est associé à la longévité, à la sérénité et au détachement du monde ; il est également un symbole de l’automne et de la retraite du lettré.

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