Informations supplémentaires :Ce service fut commandé par Louis-Auguste Albert d’Ailly (1676–1744), duc de Chaulnes. Louis-Auguste d’Albert d’Ailly était le cinquième fils de Charles Honoré d’Albert, duc de Luynes, duc de Chevreuse, pair de France et de Jeanne-Marie Colbert. Étant devenu, par la mort de ses frères, le second fils, il est « substitué », en vertu du contrat de mariage de ses parents, au duc de Chevreuse, son père, dans la succession de Charles d’Albert d’Ailly, 3e duc de Chaulnes, cousin-germain de son aïeul, avec la condition, pour lui et ses descendants, de porter les nom, armes et cri de cette ancienne maison.
Il fut nommé lieutenant général en Picardie en 1692, puis reçu pair de France au Parlement de Paris en 1711. Il accéda au rang de lieutenant général des armées du roi en 1718. En 1724, il fut reçu chevalier des ordres du roi, à savoir l’ordre du Saint-Esprit et celui de Saint-Michel, avant d’être nommé gouverneur de la ville d’Amiens en 1729. Il acheva sa carrière en étant élevé à la dignité de maréchal de France en 1741.
Il épousa en 1704 Marie-Anne-Romaine de Beaumanoir de Lavardin (1688–1745), fille du marquis de Lavardin, lieutenant général en Haute et Basse-Bretagne et ambassadeur extraordinaire à Rome. En 1707, son portrait est peint par Hyacinthe Rigaud.
L’un des principaux actionnaires de la Compagnie des Indes
À la suite de l’effondrement du Système de Law en 1720 et de la réorganisation de la Compagnie perpétuelle des Indes entre 1719 et 1723, l’État s’attacha à dissocier les intérêts royaux de ceux des actionnaires privés, tout en assurant la continuité des opérations commerciales. Dans ce contexte, la Compagnie fut placée sous une surveillance étroite et profondément restructurée, tant sur le plan administratif que financier.
Louis-Auguste Albert d’Ailly (1676–1744), duc de Chaulnes, figure alors parmi les principaux actionnaires de la Compagnie. En 1721, il fut désigné par l’assemblée des actionnaires comme l’un des huit directeurs honoraires de la Compagnie des Indes. Chaque directeur était placé à la tête d’un bureau, tandis qu’un autre supervisait le port de Lorient, centre névralgique du commerce maritime de la Compagnie. Les sept bureaux, composés chacun de huit à dix commis appointés, étaient installés à Paris, dans l’hôtel de la Compagnie, situé à l’angle de la rue de Vivienne et de la rue des Petits-Champs.
Les grandes assemblées des 28 décembre 1720 et 2 janvier 1721 consacrèrent le retour en grâce de la Compagnie auprès des élites du royaume. Afin de rallier les principaux détenteurs de capitaux et les grands personnages du royaume, des titres honorifiques furent conférés à plusieurs figures de premier plan : le duc de Bourbon fut nommé vice-protecteur, tandis que les duc de Chaulnes, duc d’Antin, les maréchaux d’Estrées et de Grammont, ainsi que les marquis de Lassay et de Mézières, furent nommés directeurs d’honneur.
Lors de la réforme de 1723, le duc de Chaulnes apparaît de nouveau parmi les principaux actionnaires effectivement présents, aux côtés du prince de Vendôme, des ducs de La Force et de Chaulnes, du maréchal d’Estrées, et des marquis de Bully et de Lassay, confirmant son implication durable dans la gouvernance et les intérêts financiers de la Compagnie des Indes.