Assiette famille rose à décor européen. Chine, Qianlong

L’assiette est décorée dans la palette de la famille rose, représentant un couple amoureux, Acis et Galatée, l’aile ornée de réserves en cartouches mauves sur un fond à treillis en grisaille.

PAYS : Chine
ÉPOQUE : Qianlong (1736-1795), circa 1745
MATIÈRE : Porcelaine
TAILLE : 23 cm
RÉFÉRENCE : E853
PROVENANCE : Christie’s, Amsterdam, 10 October 1989, lot 158 (à Dreesmann).
Dr Anton C.R. Dreesmann (inventaire no. J-8), Pays-Bas, 2002
Collection Maude da Conceição Santos Mendonça de Queiroz Pereira, Lisbonne, 2021
STATUT : disponible
Œuvres en rapport :​

Une assiette identique est conservée dans les collections du Musée Royal d’Art et d’Histoire à Bruxelles, exposée à Hong Kong en 1989–1990 (Chinese Export Porcelain, cat. n° 85, pp. 217–218).

Une autre assiette est illustrée par D. S. Lunsingh Scheurleer, Chinese Export Porcelain – Chine de Commande, Londres, 1974, n° 231.

Voir également Cohen & Cohen, A game of bowls, 2014, n.. 69, p. 100.

Informations supplémentaires​ :​

Les figures, autrefois interprétées comme représentant Cupidon et Psyché, sont aujourd’hui identifiées comme issues d’une scène figurant Galatée et le berger Acis. L’image dérive d’une estampe d’Edmé Jeaurat (1688-1738) en 1722, d’après une peinture de Charles de La Fosse (1636-1722).

L’image originale comprenait Polyphème, omis sur la porcelaine. Amoureux de Galatée, il s’apprête à tuer Acis en l’écrasant sous un rocher. La scène complète se retrouve sur des tapisseries du XVIIIe siècle.

Le récit d’Acis et Galatée est rapporté par Ovid dans les Métamorphoses, livre XIII (vers 738–897). Il relate l’amour pastoral entre la nymphe marine, fille de Nérée et de Doris, et le jeune berger sicilien, fils de Pan, bientôt troublé par la jalousie du Cyclope Polyphème. Découverts ensemble, Acis est tué par le géant, écrasé sous un rocher. Accablée de douleur, Galatée transforme le sang de son amant en un fleuve, lui accordant une forme d’immortalité.

Au XVIIIe siècle, les décors mythologiques connaissent un vif engouement en Europe, reflet d’un regain d’intérêt pour l’Antiquité et la culture classique. Ce phénomène s’inscrit dans le sillage du Grand Tour et de l’essor des académies, où l’histoire ancienne est perçue à la fois comme une source d’inspiration artistique et un modèle de raffinement. Les élites européennes, notamment en France et en Angleterre, recherchent des objets capables d’exprimer à la fois leur culture et leur rang social.

L’attrait de ces sujets tient également à leur dimension narrative. Contrairement aux motifs purement décoratifs, ils racontent une histoire et offrent un support de conversation dans le cadre du salon. La mythologie devient ainsi un langage visuel partagé, aisément reconnaissable par un public cultivé. Ces scènes s’intègrent naturellement dans les intérieurs rococo puis néoclassiques, où les références à l’Antiquité se conjuguent à une élégance décorative. La porcelaine d’exportation chinoise a joué un rôle important dans la diffusion de ces images, introduisant dans l’usage quotidien des thèmes auparavant principalement réservés à la peinture et à la gravure.

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