Deux figures Blanc de Chine représentant des Hollandais à cheval. Chine, Kangxi

Les deux cavaliers hollandais portent des perruques bouclées et des redingotes boutonnées à larges manches retroussées. L’un des personnages se distingue en outre par des épaulettes. Tous deux sont représentés avec un foulard noué, un chapeau à larges bords, des bottes et des guêtres, ainsi qu’un étui de pistolet à la ceinture. Les chevaux sont entièrement harnachés de brides, mors et selles. Les cavaliers et leurs montures adoptent des poses complémentaires : l’un des chevaux et son cavalier se tournent vers la droite, tandis que l’autre paire regarde vers la gauche. Chaque cavalier tient un bras replié près de la poitrine, tandis que l’autre est tendu — vers la gauche pour le premier personnage, vers le bas pour le second. Leurs mains fermées présentent de petites ouvertures, probablement destinées à recevoir des attributs rapportés, tels que des rênes ou une épée, exécutés dans un autre matériau.

PAYS : Chine
ÉPOQUE : Kangxi period (1662-1722)
MATIÈRE : Porcelaine
TAILLE : 29,5 cm
RÉFÉRENCE : E761
PROVENANCE : New York, 2014
STATUT : vendu
Œuvres en rapport :​

Un cavalier très comparable, représenté la tête tournée vers la droite et décoré de pigments rouges et noirs, est conservé dans les collections des Staatliche Kunstsammlungen Dresden. Il figure dans l’inventaire de 1721 et est illustré par P. J. Donnelly dans Blanc de Chine[1]. Un autre cavalier, autrefois dans la collection de Lucien Lelong à Paris, puis dans la collection Maret-Gould à Antibes, est reproduit dans Qing Porcelain: Famille Verte, Famille Rose de Michel Beurdeley et Guy Raindre[2].

Un autre exemplaire est conservé dans la collection Koger du The John and Mable Ringling Museum of Art, The State Museum of Florida, et illustré par John Ayers dans Blanc de Chine: Divine Images in Porcelain[3]. Un modèle similaire est publié par Marchant dans leur catalogue Blanc de Chine, 2014[4], tandis qu’une paire très proche, présentant de légères variantes, apparaît dans leur catalogue Blanc de Chine, 1994[5].

Un autre cavalier du même modèle est illustré par Jorge Welsh et Luísa Vinhais dans Porcelain People: Figures of the Qing Dynasty[6]. Une paire symétrique est publiée par Marchant dans leur catalogue Blanc de Chine, 2006[7]. On peut également rapprocher cette œuvre d’un cavalier du même type, muni d’une épée et de rênes métalliques, correspondant à une production plus tardive, vendu par Alberto Santos

[1] no. 116A

[2] no. 337, p. 244

[3] no. 59, p. 108

[4] no. 48, p. 78

[5] no. 33, p. 37

[6] no. 13, p. 84

[7] no. 46, p.

Informations supplémentaires​ :​

La représentation de cavaliers en céramique s’inscrit dans une longue tradition chinoise, des figures comparables étant déjà présentes dans des contextes funéraires dès le VIIe siècle. Les motifs équestres apparaissent également sur des carreaux de la dynastie Ming[1], tandis que Guandi, le dieu de la guerre, est fréquemment représenté à cheval, notamment dans des groupes produits à Dehua[2].

L’originalité des deux figures équestres présentées ici réside dans leur représentation de cavaliers hollandais. Des groupes de plus petites dimensions furent également réalisés, notamment sous la forme de sifflets[3]. Cette iconographie de personnages hollandais est étroitement liée à d’autres porcelaines de Dehua représentant des figures occidentales. Deux exemples de ce type — l’un figurant un Hollandais assis accompagné d’un singe, l’autre représentant un personnage assis entouré de musiciens — sont également inclus dans le présent catalogue

[1] William R. Sargent, The Copeland Collection, 1991, p. 58

[2] John Ayers, Blanc de Chine: Divine Images in Porcelain, p. 96n no. 47

[3] William R. Sargent, The Copeland Collection, nos. 39–40 ; pp. 94–95

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