Informations supplémentaires :Les Cent Antiquités (Baigu 百古), parfois également désignées sous le nom de « Cent Trésors », constituent l’un des thèmes décoratifs les plus emblématiques de l’art chinois. Plutôt que de représenter un ensemble fixe de cent objets, ce motif réunit une riche variété d’emblèmes auspicieux et lettrés issus de la culture chinoise. Parmi eux figurent les Huit Objets Précieux (Babao), les Quatre Trésors du cabinet du lettré — pinceau, encre, papier et pierre à encre — ainsi que les symboles associés aux Quatre Arts du lettré : la musique, le jeu d’échecs, la calligraphie et la peinture. Ce répertoire comprend également des bronzes rituels archaïques, des brûle-parfums, des vases, des livres, des rouleaux, des instruments de musique, des fleurs, des fruits et divers animaux de bon augure. Étroitement associé à l’univers du lettré et du collectionneur, ce thème reflète les idéaux d’érudition, de raffinement, de goût des antiquités et de perfection morale qui occupaient une place centrale au sein des élites chinoises. Sous les règnes de Kangxi et de Yongzheng, les représentations des Cent Antiquités connurent un succès particulier sur la porcelaine, transformant le vase en une évocation symbolique du cabinet du lettré et de ses activités cultivées.
Les panneaux représentant des pies parmi des branches de prunus en fleurs et des rochers percés font référence au rébus Xi shang mei shao (喜上眉梢), que l’on peut traduire par « La joie sur la branche du prunier ». Très populaire sous la dynastie Qing, ce motif de bon augure annonce l’arrivée de bonnes nouvelles, du bonheur et du succès. Les rochers de jardin, quant à eux, évoquent la longévité, le raffinement et l’univers cultivé des lettrés.
Les panneaux aux Cent Antiquités célèbrent ainsi la culture lettrée, tandis que les panneaux aux pies et aux prunus véhiculent un message de félicité et de réussite. Ensemble, ils forment un programme décoratif cohérent destiné à souhaiter le succès dans les études, l’élévation sociale, le bonheur et la longévité.
Le grand pot couvert de forme ovoïde constitue l’une des silhouettes les plus caractéristiques de l’époque Kangxi (1662–1722). Dérivée des anciennes jarres de stockage chinoises, cette forme évolua sous les Qing pour devenir un imposant objet d’apparat destiné aux intérieurs des élites. Ses proportions généreuses offraient une surface idéale pour des décors peints particulièrement élaborés, ce qui explique son succès dans les productions de la famille verte. Ces grands vases couverts étaient très appréciés tant en Chine qu’en Europe, où ils étaient exposés sur des cabinets, des consoles ou intégrés à des garnitures de cheminée. La présence d’un couvercle renforçait encore leur prestige et leur impact visuel. Par sa forme comme par son iconographie, cette pièce évoque ainsi l’univers raffiné du lettré et les idéaux de prospérité, de savoir et de longévité si chers à la société chinoise de la dynastie Qing.