Grande coupe royale aux armes du roi Louis XV (1710–1774). Chine, Kangxi

Cette coupe est décorée dans la palette de la famille verte avec des émaux translucides et présente le motif caractéristique des commandes de porcelaine réalisées en Chine pour Louis XV (1710–1774). La composition centrale est dominée par les armes de Louis XV : d’azur à trois fleurs de lys d’or, entourées des colliers de l’Ordre de Saint-Michel et de l’Ordre du Saint-Esprit, le tout sommé de la couronne royale.

Les formes recensées pour ces commandes royales comprennent de grands plats de service ; des terrines de petites dimensions déclinées en plusieurs tailles ; une grande terrine ronde ; deux bougeoirs ; des rafraîchissoirs à bouteilles ; une écuelle ; des huiliers-vinaigriers ; des saucières ; une boîte à épices ; des aiguières avec leurs bassins octogonaux ; des services à thé, chocolat ou café ; des couteaux ; trois très grands vases-fontaines, ainsi que des bidets.

PAYS : Chine
ÉPOQUE : Kangxi (1662–1722)/ Yongzheng period (1723-1735), c. 1720–1725
MATIÈRE : Porcelaine
TAILLE : 38 cm
RÉFÉRENCE : E700
PROVENANCE : Collection particulière européenne
STATUT : disponible
Œuvres en rapport :​

Une coupe d’une dimension comparable est conservée dans les collections du Château de Versailles[1], accompagné de deux grands plats[2] et de trois petites terrines[3]. Deux plats sont également conservés dans les collections du Musée de la Compagnie des Indes[4] et du Musée Adrien Dubouché[5], tandis que le Musée des Arts Décoratifs conserve un moutardier[6], un bougeoir[7] et deux couteaux[8]

[1] Inv. V2018.23

[2] V.2019.1 / V.2019.2

[3] V.2019.3/4/5

[4] Inv. 2012.16.1.

[5] Inv. ADL5727

[6] Inv. 2025.23.1

[7] Inv. 12292

[8] Inv. 28710 A-B

Informations supplémentaires​ :​

Le motif ornemental principal se compose de doubles feuilles de lotus en bleu sous couverte soutenant une fleur de chrysanthème, surmontée d’un panier contenant un cédrat digité (main de Bouddha) — symbole de bonheur et de longévité — ainsi qu’une gourde, représentant l’abondance. Il est également possible que ces gourdes aient été conçues par les artisans chinois comme des kakis doubles (shishi), les vrilles environnantes évoquant des sceptres ruyi, formant ainsi le rébus auspicieux shishi ruyi (« que tout se déroule selon vos souhaits »). Ces significations symboliques furent toutefois très probablement ignorées par les commanditaires français de l’époque.

Parmi les motifs secondaires figurent des rinceaux de pivoines, des éventails et des têtes de chrysanthèmes inscrits dans des cartouches arrondis. L’aile est ornée d’une frise florale intégrant le chiffre du roi — un double « L » affronté accompagné de branches de laurier — disposé dans quatre cartouches. Le bassin présente deux frises distinctes : l’une à motifs de fer de lance, l’autre à feuilles de lotus.

Ces commandes peuvent être datées des années 1720 et 1730. Celles des années 1720 suivent de près le retour de la Cour à Château de Versailles à l’issue de la Régence. Cette datation reflète le prestige des services de porcelaine d’exportation chinois, considérés comme des symboles essentiels du renouveau de la grandeur monarchique. Les premières pièces furent réalisées dans la palette famille verte avec des émaux translucides, tandis que les exemples plus tardifs évoluent vers la palette famille rose aux émaux opaques.

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