Groupe en blanc de Chine représentant des européens. Chine, Kangxi

Ce groupe représente un Hollandais coiffé d’un tricorne, assis entre deux enfants vêtus comme des adultes, conformément aux usages vestimentaires de l’époque, et jouant d’instruments de musique. À leurs côtés se trouve une petite table supportant une plante en pot, ou penjing — l’art chinois de créer des paysages miniatures dans un plateau, à l’origine du bonsaï japonais.

PAYS : Chine
ÉPOQUE : Kangxi (1662-1722)
MATIÈRE : Porcelaine
TAILLE : 14 cm
RÉFÉRENCE : E761
PROVENANCE :
-Reproduit dans William R. Sargent, Porcelana China en la Colección Conde, 2014, p. 178.
-Provenance : Don de Khalil Riad Rizk, The Chinese Porcelain Company, à Álvaro Conde.
STATUT : vendu
Œuvres en rapport :​

Un groupe identique est conservé dans les collections de la Porzellansammlung[1]. D’autres exemplaires ont notamment appartenu à la collection Leo & Doris Hodroff[2] ainsi qu’à la collection Mottahedeh[3].

Des groupes apparentés sont également conservés au Victoria and Albert Museum[4], dans la collection Blumenfield[5] et au Groninger Museum[6]. Une paire de groupes fut également proposée autrefois par S. Marchant & Son[7].

[1] P. J. Donnelly, Blanc de Chine: The Porcelain of Têhua in Fukien, Faber, Londres, 1969, p. 119B.

[2] David Howard, The Choice of the Private Trader. The Private Market in Chinese Export Porcelain Illustrated from the Hodroff Collection, Londres, 1994, p. 249, no. 295.

[3] David Howard et John Ayers, China for the West: Chinese Porcelain and Other Decorative Arts for Export Illustrated from the Mottahedeh Collection, Londres, Sotheby Parke Bernet, 1977, vol. I, p. 94, no. 56.

[4] C.111-1963.

[5] Robert H. Blumenfield, BLANC de CHINE. The Great Porcelain of Dehua, Ten Speed Press, Berkeley, 2002, p. 77.

[6] Inv. 1994/75.

[7] S. Marchant & Son, Exhibition of BLANC DE CHINE, 1994, nos. 42 et 42a.

Informations supplémentaires​ :​

Le personnage masculin principal est pratiquement identique à celui que l’on retrouve dans tous les groupes dits de la « famille hollandaise », selon la terminologie employée dans les registres de cargaison de l’époque. Le motif de l’homme assis, une jambe croisée sur le genou, apparaît de manière récurrente dans ces compositions et pourrait dériver soit de postures familières observées dans la vie quotidienne, soit de la tradition iconographique représentant le Bouddha dans cette attitude assise.

L’enfant placé à droite tient un pipa, instrument traditionnel chinois à cordes pincées comparable au luth occidental. En Chine, le pipa est associé aux arts raffinés et fait partie des accomplissements du lettré, aux côtés du jeu d’échecs, de la littérature et de la peinture. Les premiers registres de transport européens désignaient couramment ces figures sous le terme de « toys » (objets de fantaisie ou bibelots).

Les groupes de ce type étaient réalisés à l’aide de moules à pression, généralement composés de deux parties principales pour chaque figure, auxquelles venaient s’ajouter séparément des éléments rapportés tels que les coiffes. Cette méthode de fabrication permettait une production rapide et efficace d’un grand nombre de modèles, tout en offrant une grande variété de combinaisons. En assemblant différentes figures, les ateliers pouvaient créer des groupes de tailles variées ou produire des personnages isolés destinés à être commercialisés plus facilement.

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