Rafraîchissoir à bouteille bleu et blanc. Chine, Kangxi / Yongzheng

Le rafraîchissoir en porcelaine est décoré en bleu sous couverte. Il est de forme profonde et arrondie, reposant sur un pied annulaire évasé et muni de deux anses latérales ajourées en forme de têtes de chimères. La panse est ornée d’une composition de rochers percés, de plantes et de fleurs, parmi lesquels des bambous, pivoines, lotus et chrysanthèmes, à coté d’un vase archaîque posé sur un socle et garni de fleurs. Une frise géométrique de croisillons et de motifs losangés souligne le bord supérieur, rehaussé d’un filet brun.

PAYS : Chine
ÉPOQUE : Kangxi (1662-1722) / Yongzheng (1723-1735)
MATIÈRE : Porcelaine
TAILLE : 22 cm x 15.5 cm
RÉFÉRENCE : E901
STATUT : disponible
Informations supplémentaires​ :​

Le décor associe trois végétaux porteurs d’une riche symbolique. Le bambou (竹, zhu) est l’emblème de la droiture, de la résilience et de l’intégrité morale ; toujours vert, il symbolise également la constance et les vertus du lettré. La pivoine (牡丹, mudan), surnommée le « roi des fleurs », évoque la richesse, les honneurs, la prospérité et le rang élevé. Le chrysanthème (菊, ju), l’une des « Quatre Plantes Nobles » avec le bambou, l’orchidée et le prunier, est associé à la longévité, à la sérénité et au détachement du monde ; il est également un symbole de l’automne et de la retraite du lettré

Le rafraîchissoir à bouteille apparaît dans les arts de la table européens à la fin du XVIIe et surtout au début du XVIIIe siècle, parallèlement au développement d’un service du vin de plus en plus codifié. Destiné à maintenir une bouteille au frais dans de l’eau froide, éventuellement additionnée de glace, il se distingue du rafraîchissoir à verre. Sa forme profonde, largement ouverte et munie de deux anses latérales dérive vraisemblablement de modèles européens en métal ou en argent.

Les potiers chinois adoptèrent très tôt cette forme occidentale pour répondre aux commandes destinées à l’exportation. Des exemplaires sont ainsi connus dès le règne de Kangxi (1662-1722). Une paire de rafraîchissoirs en porcelaine de Chine décorée dans la palette Imari, datée vers 1720 et ayant appartenu à Auguste le Fort, est notamment documentée dans l’inventaire du Palais Japonais de Dresde dès 1723.

Ces pièces témoignent de l’adaptation remarquable des manufactures chinoises aux nouveaux usages de la table européenne : à une forme et une fonction spécifiquement occidentales s’associe un décor appartenant pleinement au répertoire chinois. Le rafraîchissoir constitue à ce titre un exemple particulièrement évocateur des échanges entre les pratiques de table européennes et la production porcelainière chinoise destinée à l’exportation au début du XVIIIe siècle.

Demande de condition report