Une grande figure de coq en porcelaine de la famille rose. Chine, Qianlong.

Le coq est représenté debout, le corps légèrement incliné vers l’avant, la tête tournée vers la gauche. La surface du corps est soigneusement modelée et incisée afin de rendre la texture du plumage, avec des plumes superposées indiquées sur la poitrine, les ailes et le dos. Le reste du corps est émaillé en rose.

La tête est laissée en réserve, tandis que la crête et les barbillons sont émaillés en rouge. Le bec, les yeux, la queue, les pattes et les griffes sont émaillés en noir sur fond vert. La queue est composée de plumes superposées et arquées, rehaussées de fines lignes plus claires soulignant la courbure et la segmentation des plumes. La figure repose sur une base ajourée, modelée comme une souche ou un tertre, émaillée dans des tons de brun, d’ocre et de crème, avec des ouvertures sur les côtés. Le revers de la base est laissé non émaillé.

PAYS : Chine
ÉPOQUE : Qianlong (1736-1796), circa 1750-1780
MATIÈRE : Porcelaine
TAILLE : 30 cm
RÉFÉRENCE : E665
PROVENANCE : Collection Héliot & Fils, 52 avenue Victor Emmanuel III, Paris
STATUT : vendu
Œuvres en rapport :​

Six paires comparables de coqs en porcelaine de la famille rose [1] sont mentionnées dans l’inventaire de 1777 du pavillon chinois de Drottningholm Chinese Pavilion, où elles sont encore aujourd’hui exposées.

Une paire de figures, provenant de la collection Copeland, est conservée dans les collections du Peabody Essex Museum. Elles sont illustrées par William Sargent dans The Copeland Collection: Chinese and Japanese Ceramic Figures, 2006, pp. 141–143.

Laurent Héliot était un marchand d’art parisien originaire de Bourgogne. Sa vie et sa carrière sont peu documentées, et il n’apparaît souvent que comme un nom dans des listes de marchands ou de donateurs. Il joua néanmoins un rôle significatif dans la constitution de la collection d’Ernest Grandidier, fournissant près d’un tiers des céramiques.

Plusieurs musées français ont acquis des œuvres auprès de Laurent Héliot, qui fit également de nombreux dons à des institutions publiques. Il prêta des pièces pour les expositions organisées par l’Union centrale des Arts décoratifs. Il figure parmi les « membres actifs » de l’Association amicale franco-chinoise lors de l’année de sa fondation.

Ses fils, Gaston Héliot et Maurice Héliot (1877– ?), firent don d’un grand vase balustre au Musée du Louvre à la mémoire de leur père, quelques semaines après son décès ; le vase est aujourd’hui exposé au Musée Guimet [2], à Paris.

Entre 1886 et 1910, l’Union centrale des Arts décoratifs acquit auprès d’Héliot trente-cinq œuvres chinoises, datées des dynasties Ming et Qing — dont vingt-quatre porcelaines et huit pièces en verre — ainsi qu’un petit nombre d’objets japonais. Après 1909, Gaston Héliot reprit l’activité de son père comme marchand d’art asiatique, probablement avec l’aide de son frère. Dans les années 1920, il devint vice-président de la Société des Amis du musée Cernuschi.

[1] Aka Setterwall, The Chinese Pavilion at Drottningholm, Allhem, Suède, 1974
[2] Inv. G 565

Informations supplémentaires​ :​

En Chine, le coq (gongji) est un motif fréquemment présent dans les arts décoratifs. L’homophonie ji signifie à la fois « coq » et « bonheur » (ou « bon augure »), ce qui confère à l’animal une forte valeur auspicious.

Le coq est doté de cinq vertus : l’esprit lettré, symbolisé par la crête ; la valeur martiale, évoquée par les ergots ; le courage, puisqu’il affronte ses adversaires ; la bienveillance, car il appelle les poules en grattant le sol pour trouver du grain ; et la fidélité, en ce qu’il ne perd jamais la notion du temps.

Il fait également partie des douze animaux du zodiaque chinois. Les personnes nées sous le signe du coq sont réputées posséder trois qualités principales : le sens de l’observation, l’ambition et l’ingéniosité. Le coq est en outre associé à l’idée de vigilance et de protection, agissant comme un gardien contre les esprits malfaisants. Son chant à l’aube symbolise l’arrivée d’un nouveau jour, porteur d’opportunités et dissipant les ténèbres. Enfin, dans le folklore, il est lié au soleil et incarne la lumière, l’énergie et la vitalité.

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