Vase bouteille en porcelaine bleu et blanc à décor de fleurs. Chine, Epoque Transition, circa 1630-1650

Le vase présente une panse globulaire arrondie surmontée d’un haut col cylindrique évasé. Il repose sur un petit pied et est finement peint en bleu de cobalt sous couverte d’une composition continue de fleurs. La panse est décorée de luxuriantes pivoines en pleine floraison, de prunus fleuris émergeant de branches chargées de fleurs et de boutons, de lotus s’élevant au-dessus de larges feuilles aquatiques, de touffes de bambou, complétés par diverses plantes secondaires en fleurs, telles que des orchidées. L’épaule est ceinte d’une élégante frise alternant fleurs de lotus et rinceaux feuillagés, tandis que le col est orné de rameaux fleuris de prunus et de pivoines. Le décor est encadré par deux filets continus, l’un sous la lèvre et l’autre au-dessus du pied.

PAYS : Chine
ÉPOQUE : Dynastie Ming, Epoque Transition, circa 1630-1650
MATIÈRE : Porcelaine
TAILLE : 36 cm
RÉFÉRENCE : F024
PROVENANCE : Ancienne collection particulière du Bourbonnais
STATUT : vendu
Œuvres en rapport :​

Un vase bouteille de forme similaire, décoré de quatre personnages, est illustré par Sir Michael Butler dans Seventeenth Century Chinese Porcelain from the Butler Family Collection, n° 40, p. 81.

Informations supplémentaires​ :​

Au-delà de son intérêt décoratif, cette composition traduit un programme symbolique raffiné profondément ancré dans la culture des lettrés chinois. L’association du prunus, du bambou, du lotus et de la pivoine réunit plusieurs des végétaux les plus emblématiques du répertoire décoratif chinois. Le prunus (梅), qui fleurit en hiver, symbolise la résilience et le renouveau ; le bambou (竹), l’un des Trois Amis de l’Hiver, évoque l’intégrité, la constance et la force morale ; le lotus (莲), étroitement associé au bouddhisme, incarne la pureté et la perfection spirituelle ; enfin, la pivoine (牡丹), souvent qualifiée de « roi des fleurs », demeure l’emblème de la richesse, des honneurs et de la prospérité. Plus qu’un programme iconographique strictement codifié, ce décor associe plusieurs des plantes les plus auspicieuses de la tradition chinoise afin de former une composition particulièrement harmonieuse et élégante.

La frise de l’épaule, peu courante sur les porcelaines d’exportation de cette époque, renvoie au vocabulaire décoratif des productions destinées au marché intérieur. Elle pourrait témoigner de la main d’un peintre issu de la tradition des ateliers impériaux de Jingdezhen, plusieurs artisans ayant rejoint des fours privés après la destruction des manufactures officielles au milieu du XVIIᵉ siècle.

La qualité de la peinture illustre les plus hautes réalisations des fours de Jingdezhen durant la période Transition. Exécuté d’un pinceau fluide et assuré, avec de subtiles gradations de bleu de cobalt allant de profonds tons saphir à de délicats lavis, le décor évoque la spontanéité de la peinture contemporaine à l’encre sur papier, où les contours vivement brossés alternent avec des lavis de cobalt allant d’un bleu profond à des nuances plus diaphanes. Cette liberté d’exécution, alliée à une composition équilibrée et naturaliste, constitue l’une des caractéristiques essentielles des plus belles porcelaines bleu et blanc de la période Transition produites à la fin de la première moitié du XVIIᵉ siècle.

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