Une paire de figures en blanc de Chine représentant des étrangers montés sur des éléphants. Chine, Kangxi (1662-1722)

Chaque figure est finement moulée et représente un étranger assis sur le dos d’un éléphant debout sur ses quatre pattes. Le cavalier porte un chapeau conique, une veste boutonnée ornée d’une ceinture élaborée et des bottes. Il tient un ankus, ou aiguillon à éléphant. L’animal présente des yeux en amande sous de grandes oreilles évoquant des pétales de lotus, une longue trompe recourbée encadrée de défenses pointues et un corps marqué de plis. L’ensemble est recouvert d’une glaçure blanc crème.

PAYS : Chine
ÉPOQUE : Kangxi (1662-1722)
MATIÈRE : Porcelaine
TAILLE : 19 cm
RÉFÉRENCE : E930
PROVENANCE : Collection particulière européenne
STATUT : disponible
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Une paire d’exemplaires très similaires a été publiée par Marchant dans son catalogue Exhibition of Blanc de Chine, en 2014¹. Un groupe comparable est illustré par Patrick J. Donnelly dans son ouvrage Blanc de Chine². Un modèle d’éléphant sans cavalier figurait dans les collections royales d’Auguste le Fort³.

¹ Marchant, Exhibition of Blanc de Chine, 2014, n° 49.

² Patrick J. Donnelly, Blanc de Chine, pl. 110, n° 341.

³ Dresde, Porzellansammlung, inv. PO 8508.

Informations supplémentaires​ :​

Les éléphants ayant disparu de Chine plusieurs siècles auparavant, les artisans locaux ne connaissaient plus directement cet animal. Celui-ci conservait néanmoins une place importante, notamment dans le bouddhisme, où il symbolisait la sagesse et la force spirituelle.

Les éléphants exerçaient également une véritable fascination en Europe. Lors des festivités organisées à Dresde en juin 1709, à l’occasion de la visite de Frédéric IV de Danemark, Auguste le Fort, électeur de Saxe et roi de Pologne, dirigea la « Quadrille africaine » dans le cadre du Carrousel des Quatre Continents, qui comportait des machines en forme d’éléphants. Le motif de l’éléphant fut également intégré au décor du palais du Zwinger, dont la construction débuta en 1711, et constitua une importante source d’inspiration pour les modeleurs de Meissen, notamment Gottlieb Kirchner.

En 1668, le roi de Portugal offrit un éléphant à Louis XIV pour la Ménagerie royale de Versailles. La manufacture de Chantilly s’inspira également de cet animal, produisant des modèles d’éléphants en porcelaine tendre blanche¹. D’autres modèles furent aussi réalisés au Japon, avec un décor de type Kakiemon.

¹ Gardiner Museum, Toronto.

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