Informations supplémentaires :Édouard de Boufflers- Ravenel (7 octobre 1722 – Madrid ; octobre 1764), marquis de Boufflers et de Rouverel, était un militaire français. Il était le fils d’Antoine François de Boufflers (1649-1751), chevalier, seigneur de Rouverel, et d’Anne Françoise Wauchope, originaire d’Écosse. Né le 28 avril 1679, Antoine-François de Boufflers embrasse très jeune la carrière militaire. Il rejoint les Gardes françaises en qualité d’enseigne le 11 novembre 1697, avant d’être promu lieutenant le 26 avril 1699. Sa carrière en France est brutalement interrompue en 1700, à la suite d’un duel qui l’oppose à un autre officier de son régiment, le sieur de Bauquemare. L’affrontement, survenu rue de Seine à Paris, entraîne la mort de son adversaire et contraint Boufflers à quitter le royaume pour se mettre au service de la monarchie espagnole. Ses biens sont alors saisis par la Couronne, qui en attribue le bénéfice à sa sœur, Renée-Espérance de Boufflers. Il poursuit dès lors sa carrière militaire en Espagne, où il obtient le commandement d’un régiment d’infanterie. Élevé au grade de brigadier des armées espagnoles en 1720, il est nommé gouverneur d’Olite en 1727. En 1721, il épouse Anne-Françoise Hüncher, issue d’une famille de la noblesse écossaise. Celle-ci réside encore à Madrid en 1751, année du décès de son époux, survenu en France le 15 août.
Étant donné que son père avait quitté la France après un duel pour entrer au service du roi Philippe V d’Espagne, Édouard de Boufflers naquit en 1722 à Madrid. En 1729, il retourna en France et fut naturalisé. Le 15 avril 1736, il entra chez les Mousquetaires du roi, où il servit pendant trois ans. Le 28 avril 1741, il devint capitaine d’une compagnie au Régiment de Chépy de cavalerie (qui fut renommé en 1744 Régiment de Bellefonds).
De mars 1742 à juillet 1743, il commanda une partie de l’armée française envoyée en Bavière. Il participa à la conquête d’Ellenbogen et de Kaden, aidant à Braunau, et prit part à l’expédition pour le ravitaillement d’Eger. En 1744, il faisait partie de l’armée de la Moselle et vainquit les troupes du général Nádasdy à Zabern, puis combatta lors de l’attaque de Suffelsheim, servant de septembre à décembre dans les troupes de l’empereur et durant l’hiver en Souabe.
Les campagnes de l’année 1745 débutèrent en Alsace, et il marcha en juin vers les Flandres, puis finalement vers la Sarre. Le 20 avril 1746, il fut nommé colonel-lieutenant au Régiment de Chartres d’infanterie, succédant au comte de Balleroy, qu’il commanda en tant que colonel lors de la bataille de Roucourt le 11 octobre, ainsi que lors de la bataille de Lauffeldt (2 juillet 1747), ainsi qu’au cours du siège de Bergen op Zoom (juillet à septembre 1747) et lors du siège de Maastricht (avril à mai 1748).
Suite au décès de Charles Joseph Marie de Boufflers, 3ème duc de Boufflers, en 1751, il devint le chef de la famille. Le 4 mai 1753, il fut nommé guidon de la compagnie des gendarmes de Bourgogne, après quoi il démissionna de son commandement de régiment au Régiment de Chartres, date à laquelle lui succède Gilbert de Chauvigny, comte de Blot.
Pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), il servit en 1757 dans le duché de Hanovre, au camp de Kloster Zeven et lors de la marche sur Celle, en 1758 lors de la conquête de Cassel et de Hesse, et lors de la bataille de Lutterberg. Le 10 février 1759, il fut promu brigadier, et le 1er août 1758, il combattit à la bataille de Minden. Le 21 août 1758, il prit le poste d’enseigne des gendarmes bourguignons, qu’il occupa jusqu’à décembre 1762 après sa nomination au poste de maréchal de camp le 25 juillet 1762
Édouard de Boufflers épousa, le 15 février 1746, au château de Saint-Cloud, en présence du duc et de la duchesse de Chartres, Marie Charlotte Hippolyte de Campet de Saujon (6 septembre 1725 – Rouen). Ils eurent un fils unique, Louis Édouard de Boufflers (3 décembre 1746 – 1795), comte de Boufflers, qui épousa le 7 décembre 1768 Amélie Constance Puchot des Alleurs (vers 1751, Constantinople – mai 1825), fille du comte Roland Puchot, ambassadeur de France en Pologne, puis à Constantinople, et de Maria princesse Lubomirska, fille du prince Alexandre Jacques Lubomirski. Sa veuve décéda le 28 novembre 1800 dans sa ville natale de Rouen
Marie-Charlotte de Campet de Saujon, connue sous le nom de comtesse de Boufflers, fut l’une des figures les plus remarquables de la société aristocratique et intellectuelle française du XVIIIᵉ siècle. Elle était la fille de Charles-François de Campet de Saujon, baron de La Rivière, officier des gardes du corps du roi, et de Louise-Angélique de Barberin de Reignac. Son mariage lui permit d’accéder aux cercles les plus élevés de l’aristocratie de cour. Devenue dame de compagnie de la duchesse de Chartres, elle se distingua rapidement par son esprit, sa culture et son aisance dans les relations mondaines.
C’est dans cet environnement qu’elle fit la connaissance de Louis-François de Bourbon, prince de Conti (1717-1776), cousin de Louis XV et l’un des princes du sang les plus influents du royaume. Elle devint sa maîtresse et sa confidente, occupant progressivement une place centrale dans son entourage. Le prince, qui résidait notamment au palais du Temple, à Paris, lui permit d’y tenir un salon littéraire qui acquit une réputation considérable. La comtesse de Boufflers y recevait les représentants de la haute aristocratie, les diplomates, les écrivains et les philosophes les plus en vue. Jean-Jacques Rousseau, Denis Diderot, Friedrich Melchior Grimm, l’abbé Morellet et David Hume comptèrent parmi les personnalités de son cercle. Son influence était telle que Madame du Deffand, autre célèbre salonnière de l’époque, lui donna le surnom d’« Idole du Temple ». Ce salon constituait un lieu privilégié de rencontre entre les élites aristocratiques et les représentants des Lumières, à une époque où les conversations littéraires, philosophiques et politiques jouaient un rôle essentiel dans la vie intellectuelle parisienne.
La comtesse de Boufflers se distingua également par ses relations avec les milieux intellectuels britanniques. Admiratrice de la culture anglaise, elle entretint une correspondance suivie avec David Hume, dont elle appréciait particulièrement les ouvrages et la philosophie. Lors d’un séjour à Londres en 1763, elle fréquenta plusieurs personnalités de la société britannique, notamment Horace Walpole et Samuel Johnson. Ses échanges avec Hume et Rousseau témoignent de son intérêt pour les débats philosophiques de son temps et de son rôle d’intermédiaire entre les milieux cultivés français et anglais. Elle ne fut donc pas seulement une femme du monde réputée pour son esprit, mais aussi une actrice des réseaux intellectuels européens du siècle des Lumières.

Le Thé à l’anglaise dans le salon des Quatre-Glaces au Temple, vers 1766
À la mort de son époux, en octobre 1764, elle espéra pouvoir épouser le prince de Conti, avec lequel elle entretenait depuis de nombreuses années une relation privilégiée. Toutefois, malgré son attachement à la comtesse, le prince ne donna jamais suite à ce projet de mariage, probablement en raison des considérations dynastiques et des conventions attachées à son rang. Leur relation se poursuivit néanmoins jusqu’à la mort de Conti, en 1776. La disparition du prince marqua un tournant dans l’existence de la comtesse de Boufflers, qui conserva cependant ses relations dans les milieux aristocratiques et intellectuels. Elle possédait notamment une propriété à Auteuil, alors village recherché par les élites parisiennes pour ses résidences de plaisance et ses jardins.

Le Souper du prince de Conti au Temple — scène de 1766
La Révolution française bouleversa profondément les dernières années de sa vie. Malgré son intérêt pour les idées philosophiques et ses relations avec plusieurs penseurs des Lumières, ses attaches aristocratiques la rendirent suspecte aux autorités révolutionnaires. Après avoir séjourné en Angleterre, elle revint en France en 1792. Arrêtée en janvier 1794, pendant la Terreur, elle fut emprisonnée à la Conciergerie, avant d’être libérée après la chute de Robespierre. Elle survécut ainsi aux années les plus violentes de la Révolution et mourut en 1800.

Louis Carrogis dit Carmontelle, Marie-Charlotte de Boufflers (1725-1800
La maison de Boufflers, l’une des anciennes familles de la noblesse picarde, occupa une place éminente dans l’histoire militaire et mondaine de la France. Elle s’illustra particulièrement sous Louis XIV avec Louis-François de Boufflers (1644-1711), nommé maréchal de France en 1693, puis élevé à la dignité de duc en 1695. Le duché-pairie, créé en 1708, se transmit à ses descendants jusqu’à son extinction en 1751. Au XVIIIe siècle, la famille brilla également dans les cercles intellectuels et à la cour de Lorraine. Marie-Françoise-Catherine de Beauvau-Craon (1711-1787), marquise de Boufflers, fut ainsi la célèbre maîtresse du roi Stanislas Leszczyński, beau-père de Louis XV. Son fils, Stanislas-Jean de Boufflers (1738-1815), dit le chevalier de Boufflers, passait même, selon une tradition persistante mais non démontrée, pour être le fils naturel du souverain. Écrivain, diplomate et futur académicien, il fut nommé gouverneur du Sénégal en 1785.